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Les sept clés pour réussir un entretien d'embauche

Par laurent schwartz | sept. 02, 2014
Vous avez rendez-vous avec un recruteur et vous souhaitez vraiment décrocher le poste " Ne partez pas la fleur au fusil. Préparation, déroulement et conclusion de l'entretien de recrutement.

Entretien : mettez-vous dans les starting-blocks

L?entretien d'embauche, c'est comme un tango argentin. En se faisant comprendre par des petites pressions, les danseurs sont capables d'enchaîner des figures extrêmement complexes et harmonieuses, de la même façon que, dans un entretien, on fait s'enchaîner de manière équilibrée des questions et des réponses. Au bout d'un moment, cela s'enchaîne tout seul. Recruteur et recruté forment un ?couple?, avec un objectif commun. Il faut que le candidat intègre mentalement qu'il a le même but que le recruteur. Malheureusement, le stress le lui fait trop souvent perdre de vue. "

Étienne Daugny, directeur associé du cabinet Transition Carrières, exprime là la vision idéale de l'entretien d'embauche, rythmé, équilibré, de telle sorte qu'aucun partenaire ne prend le dessus. La réalité n'est pas toujours aussi harmonieuse. Mais du premier au dernier contact avec le recruteur, vous entrez dans un rituel dont il faut connaître les principes. Quels sont les moments clés de l'entretien d'embauche, comment négocier au mieux cette épreuve ? Méthodes.

L'APPROCHE

" Bonjour, je suis Valérie D., du cabinet R. Je vous appelle parce que nous avons un client qui est actuellement en phase de recrutement d'un directeur logistique. Les premiers éléments que nous avons réunis concernant votre profil correspondent à ce poste, et nous souhaiterions vous rencontrer. Peut-être à un autre numéro ? " " Bonjour, Nous avons bien reçu votre candidature pour le poste de directeur logistique à pourvoir dans notre société, suite à l'annonce [...]. Nous aurions voulu préciser avec vous certains éléments de votre candidature, car nous avons un poste qui pourrait vous intéresser. Avez-vous un moment pour en parler, ou préférez-vous que je vous contacte ultérieurement ? "

Le premier entretien de recrutement n'est pas loin. Il risque même de commencer tout de suite, dès le premier contact téléphonique avec votre interlocuteur. Ce dernier va vérifier que vous êtes intéressé, ou toujours intéressé par le poste, que vous êtes ou n'êtes pas en activité, mais aussi... que vous avez une bonne élocution, que vous ne bafouillez pas, que vous êtes motivé, ouvert, dynamique... Autant d'éléments qu'il notera sur votre dossier, et qu'il validera lors d'une rencontre de visu.

Le premier entretien téléphonique

" Certains critères objectifs doivent être absolument vérifiés avant la prise de rendez-vous, explique Laurent Hyzy, directeur Île-de-France du cabinet Alain Gavand Consultants. Si le candidat exige une rémunération qui est hors de proportion avec ce que propose l'entreprise, s'il n'est pas mobile alors que le poste le réclame, ce n'est pas la peine de le rencontrer. En dehors de cela, les éléments de personnalité que nous notons au cours de l'entretien téléphonique, si le CV correspond à la demande, seront vérifiés pendant la rencontre. Nous le convoquerons même si nous avons des doutes, mais nous ne nous baserons pas uniquement sur des impressions. "

Prenez au sérieux ces entretiens téléphoniques de quelques minutes. Préparez-vous à cette éventualité avec le même soin. Le mensonge ne passera pas plus au téléphone que lors d'une rencontre. " J?ai organisé un premier rendez-vous téléphonique avec un candidat qui avait eu une expérience professionnelle chez un de nos clients, et l'avait indiqué sur son CV, explique un chef de service. Je voulais vérifier auprès de lui la durée effective de ce passage, parce qu'en discutant avec ce client, nous nous sommes rendu compte que les dates ne correspondaient pas, ce qui signifiait un trou d'un an et demi dans son parcours... il aurait pu le justifier, mais il a persisté. En l'absence d'explications correctes, nous avons été obligés de croire le client. "

Comment réagir ?

Il ne faut jamais refuser un entretien par téléphone. Il ne s'agit pas d'un engagement définitif : si vous avez d'autres rencontres prévues, cela vous permettra de comparer les propositions. Si vous ne vous sentez pas prêt à répondre immédiatement, prenez l'initiative de proposer un autre rendez-vous dans la journée. Installez-vous dans un endroit calme, préparez la documentation sur l'entreprise ou le poste en question, disposez l'offre d'emploi sous vos yeux, ainsi que votre dossier de candidature. Mais ne répondez pas oui tout de suite à la première proposition de date : même si vous n'avez absolument aucun rendez-vous dans un avenir proche, prenez le temps de prendre votre agenda et feuilletez-en les pages.

Du soir ou du matin ?

Il est fréquent de dire qu'il est préférable de passer un entretien le matin devant un recruteur frais et dispos. Mais avant de fixer une date et une heure, considérez d'abord les moments où vous pensez être au mieux de vos possibilités, et consultez surtout, sur votre agenda, votre emploi du temps de la veille. Mieux vaut disposer, avant le rendez-vous, d'une journée assez paisible. Si vous êtes déjà en poste, vous devrez probablement fixer un rendez-vous en dehors de vos horaires de travail. Étudiez votre agenda professionnel, choisissez autant que faire se peut une journée calme, demandez-vous quelle tenue vous porterez ce jour-là, et surtout dans quelle disposition d'esprit vous risquez d'être.

L'appel du chasseur

Si vous êtes chassé, le recruteur qui vous appelle pour prendre un rendez-vous a rarement sous les yeux votre CV. Prenez le temps d'écouter la présentation du poste si vous êtes disponible. Le détail des missions est parfois plus intéressant que le seul intitulé de la fonction. N?hésitez pas à lui poser des questions précises sur le poste auquel, tout au moins le pense-t-il, vous pourriez prétendre. Quelqu?un lui a conseillé votre nom. Vous pourrez avoir ainsi une idée de la manière dont on vous perçoit à l'extérieur... ce qui est toujours intéressant et utile. De plus, en engageant ainsi la conversation, vous montrez de l'intérêt pour ses activités. Ce qui ne peut pas être dommageable pour la suite. N?insistez pas trop pour savoir qui vous a éventuellement recommandé, ou comment le cabinet a eu votre nom. Il est bien rare que l'on vous réponde. Si vous êtes engagé par la suite, vous saurez de quelle manière on vous a repéré.

Juste avant la rencontre avec le recruteur

Le jour J approche. Conseils pour être prêt. Extraits de Réussir ses entretiens d'embauche, éditions L'Express

Pour ne pas avoir de mauvaises surprises le jour J, rappelez le cabinet ou l'entreprise la veille pour confirmer le rendez-vous convenu. Ce sera l'occasion de vérifier le nom de votre interlocuteur, l'heure exacte à laquelle vous êtes attendu, le lieu de l'entretien, le trajet pour vous y rendre et sa durée probable.

En outre, si vous ne les aviez pas déjà demandées, cela vous permettra d'obtenir des précisions sur la procédure de recrutement. Vous saurez ainsi si des tests sont prévus, si la présentation de l'entreprise se fait en présence d'autres candidats... Fort de ces renseignements, vous pourrez évaluer la durée de la rencontre. Vous devrez peut-être prévoir de vous rendre disponible une matinée, un après-midi ou toute la journée.

Votre arrivée dans l'entreprise

" Je demande toujours à mon assistante ce qu'elle a pensé du candidat, confie Laurent Menin, vice-président d'une société de service et d'ingénierie informatiques. Certains lui disent à peine bonjour, prennent un stylo sur son bureau parce qu'ils s'aperçoivent qu'ils ont oublié le leur..."

Dès l'arrivée dans les locaux, vous pourrez juger et être jugé. Certaines entreprises demandent aux personnels d'accueil de ne pas faire de distinction entre les candidats et les autres visiteurs de l'entreprise. La première personne qui va vous recevoir ne connaîtra donc pas toujours la raison de votre venue. Pourquoi ? " Le candidat doit être accueilli dans les mêmes conditions qu'un client ou qu'un visiteur de marque, estime Chantal Ravel, formatrice chez Docendi. Pour favoriser l'échange, et lui donner une bonne image, il faut le considérer comme tout autre visiteur. " Même si ce visiteur se montre parfois un peu plus nerveux qu'un autre ! Il arrive ainsi que le stress causé par la perspective de l'entretien conduise le candidat à se comporter de façon fâcheuse.

Le matériel à préparer

Un bloc de papier : il vous servira à prendre en note les informations que le recruteur vous livrera sur le poste. La prise de notes n'est pas obligatoire, mais c'est une preuve de l'intérêt que vous portez aux propos de votre interlocuteur.

Votre CV : il doit être absolument identique à celui que vous avez envoyé, à moins que votre situation ait évolué depuis l'envoi de votre candidature. Dans ce cas apportez-en deux exemplaires, pour pouvoir en laisser un à votre interlocuteur.

Quelques photos d'identité au cas où le recruteur aurait besoin de compléter son dossier.

Des documents complémentaires : si vous avez cité dans votre CV ou dans le dossier de candidature des articles, études ou documents que vous avez réalisés, il est préférable de les emporter.

Le texte de l'annonce à laquelle vous avez répondu.

Un mémo avec les questions que vous souhaitez poser.

" Nous sommes installés au premier étage d'un immeuble, témoigne une consultante. La porte cochère de l'immeuble s'ouvre en appuyant simplement sur un bouton, mais il y a un clavier sur lequel on doit composer un code après la fermeture des bureaux. Il arrive que certains candidats, que l'on devine énervés, nous appellent de leur portable, pour nous dire qu'ils n'ont pas le code. Or, il n'y a pas besoin de code dans la journée. Souvent, ces candidats se révèlent, en entretien, des personnes agressives, qui reportent les causes de leurs problèmes sur les autres. Il se peut aussi qu'ils aient vécu des expériences désagréables dans d'autres cabinets de recrutement, et y répondent par un comportement agressif vis-à-vis de nous. "

Le but du dossier de candidature que l'on vous demande parfois de remplir avant l'entretien est juste, pour le recruteur, d'avoir une base de dialogue plus fouillée que le seul CV

" Ce candidat ne semble pas très motivé ", constate un consultant en recrutement en découvrant un dossier de candidature à peine honoré de quelques lignes sous chaque rubrique. Le fameux dossier que l'on vous demande de remplir avant l'entretien est parfois une répétition détaillée du CV, mais il arrive aussi qu'il soit utilisé pour l'analyse graphologique, ou pour sonder vos motivations, en l'absence de lettre de candidature par exemple. Le but est juste, pour le recruteur, d'avoir une base de dialogue plus fouillée que le seul CV, pour engager la discussion et poser des questions qui correspondent à votre parcours... et de tester votre capacité d'adaptation aux consignes données.

Un exemple de dossier

Ce dossier de candidature " type " est réalisé à partir de plusieurs documents utilisés par les cabinets de recrutement ou des services ressources humaines des entreprises. Une grande palette de questions a été reprise. Puisque chaque dossier est construit avec une logique qui lui est propre, il est possible que dans cet exemple recomposé, vous trouviez que certaines questions se recoupent. N?hésitez pas à préparer les réponses à ce dossier de candidature, elles vous permettront de faire le point sur votre parcours et vous aideront ainsi à préparer l'entretien.

État civil

Nom ? Nom de jeune fille
Prénoms
Adresse
Date et lieu de naissance
Nationalité
N° de Sécurité sociale
Téléphone professionnel
Téléphone personnel
Téléphone portable
E-mail
Situation de famille

N.B. : On peut aussi vous demander de préciser : célibataire, marié(e), divorcé(e), union libre, séparé(e), veuf (ve), nombre d'enfants et profession du conjoint.

Formation


N.B. : On peut vous demander de préciser en quelques lignes, pourquoi vous avez choisi cette formation et quels sont les bénéfices que vous en avez tirés.

Langues étrangères

Langues connues : anglais, allemand, espagnol, autres.
Niveau :
- lu, écrit, parlé ;
- ou bilingue, bon niveau, niveau scolaire ;
- ou notions, moyen, correct, bon excellent.

Informatique
Liste de logiciels : Word, Excel, Powerpoint, Access, Internet et autres...
Niveau : notions, bonne maîtrise, parfaite maîtrise.

Expérience professionnelle


N.B. : En cas de fusion récente de votre entreprise, précisez l'ancien nom entre parenthèses. Efforcez-vous d'être le plus précis possible sur le poste occupé : chef de secteur, technico-commercial, chargé de clientèle, ingénieur commercial terrain, directeur des ventes... et précisez vos responsabilités.
Rémunération ou salaire : il s'agit toujours de brut. Vous pouvez indiquer la part de variable.

Références professionnelles

Le dossier comprend souvent une phrase qui implique votre accord pour contacter les personnes citées.


N.B. : Vous êtes libre d'indiquer les personnes de votre choix avec lesquelles vous avez travaillé. Si, par exemple, vous aviez de mauvaises relations avec votre supérieur hiérarchique, vous pouvez mentionner les références d'un autre cadre de la société. Si le recruteur vérifie les informations contenues dans votre CV (en principe, avec votre accord), il sera de toute façon au courant des éventuels problèmes que vous avez rencontrés lors de vos expériences précédentes. Le tout est de bien préparer vos explications. Il est préférable de prévenir les personnes que vous avez citées de l'éventualité d'un appel. C?est aussi l'occasion de les informer de votre évolution de carrière, elles pourront ainsi répondre en toute connaissance de cause.

Emploi actuel ou dernier emploi

Période (mois et année)
Employeur, chiffre d'affaires, effectif
Secteur d'activité
Appartenance à un groupe, effectif du groupe
Adresse et téléphone
Poste occupé
Responsabilités
Rémunération brute initiale et actuelle :
Fixe
Prime
Autres avantages : voiture de société, téléphone portable...
Frais professionnels
Raison du départ

Dessinez l'organigramme de votre société en précisant votre position et/ou :

- Indiquez précisément vos tâches et occupations actuelles les plus importantes.
- Parmi ces activités, pouvez-vous indiquer celles qui vous intéressent le plus ?
- Celles qui vous intéressent le moins ?
- Quels ont été vos principaux résultats/réalisations dans ces fonctions ?
- Quels sont les moyens mis à votre disposition pour atteindre vos objectifs (ressources humaines, matériel...) ?

Projet professionnel

- Qu?attendez-vous de votre prochain poste ?
- Que pensez-vous pouvoir apporter en terme de compétences personnelles et professionnelles à une entreprise ?
- Quels sont vos projets pour les années à venir ?
- À plus long terme, quelle évolution de carrière envisagez-vous ?

Parcours

- Lequel de vos emplois vous a le plus intéressé, pourquoi ?
- Lequel vous a le moins intéressé, pourquoi ?
- Quelle est la raison de votre recherche d'emploi ?
- Pourquoi êtes-vous intéressé par cette offre d'emploi ?

Mobilité

Pouvez-vous envisager de changer de ville ou de région ?
- Si oui, pour quelle destination ?
- Pouvez-vous envisager des déplacements fréquents ? de courte ou de longue durée ? Y compris à l'étranger ?
- Combien de jours par mois pouvez-vous consacrer à vos déplacements professionnels ?


Disponibilité

- Êtes-vous en poste actuellement ?
- Quand êtes-vous libre de commencer un nouveau poste ?
- Quelle est la durée de votre préavis ?
- Avez-vous une clause de non-concurrence ?

Questions complémentaires

- Connaissez-vous quelqu?un dans l'entreprise dans laquelle vous postulez ?
- Disposez-vous du permis de conduire ? D?un véhicule personnel ?
- Quelle rémunération souhaitez-vous ?
- Pouvez-vous faire votre autoportrait en quelques lignes ?
- Quelles sont vos activités extra-professionnelles ?


La rencontre avec le recruteur et le rythme de l'entretien

Comment se présenter ? Y a-t-il des mots ou expressions à bannir ? Que faire si l'on est en retard ?


L'entretien de recrutement est-il un échange comme un autre ? Sans doute, mais avec des règles un peu particulières. On dit volontiers qu'un bon entretien suit la règle des 80/20 : 80 % de temps de parole laissé au candidat, 20 % au recruteur. Le temps, pour le recruteur de recueillir suffisamment d'informations, mais aussi celui d'en donner au candidat.

Cependant, tous ne suivent pas le même fil conducteur pour mener un entretien, ou n'ont pas les mêmes méthodes. Certains, par exemple, vont faire durer la phase de " reniflage ", celle qui permet aux deux protagonistes de faire connaissance, pour prendre des informations et pour mettre à l'aise le candidat. D?autres vont " attaquer " directement sur le CV, juste après avoir dit bonjour. D?autres, enfin, vont vous laisser commencer, sans rien dire ou presque. Ou, pire, tenter de vous déstabiliser d'entrée de jeu, même si, comme nous l'avons vu, cette mode est un peu dépassée.

Se présenter

Le recruteur vient vous chercher dans la salle d'attente ou le hall de l'entreprise. S'il ne vous demande pas directement si vous êtes bien le candidat avec lequel il a rendez-vous, prenez les devants, en donnant votre nom. Il reportera parfois sa propre présentation au moment où vous serez ensemble dans son bureau. La poignée de main doit être ferme, sans être trop appuyée. S'il vous fait passer devant lui, le recruteur vous place d'emblée en observation : votre démarche, votre " tonicité " dans votre façon de vous déplacer, votre tenue vestimentaire sont étudiées. Inutile de trop parler, même si le trajet jusqu?au bureau dure un peu. L?entretien ne commence pas dans le couloir. Contentez-vous de répondre aux questions éventuelles avec sobriété, évitez surtout d'établir des points de comparaison, par exemple, entre les locaux d'une entreprise que vous connaissez et ceux dans laquelle vous êtes.

Quand vous arrivez dans le bureau du recruteur, attendez qu'il vous invite à vous asseoir et à poser votre manteau. S'il ne vous le propose pas et qu'il s'installe directement sur son siège, ôtez votre veste ou manteau que vous déposerez sur le dossier de votre siège ou d'un siège voisin avant de vous asseoir également.

Les premiers mots échangés

La première phase, dite couramment de " reniflage " [...], est souvent prétexte à prendre des informations sur vous. Certains conseillers en carrière suggèrent aux candidats de prendre les devants pour détendre l'atmosphère, et établir ainsi un vrai dialogue égalitaire [ ...]. Mais cette phase peut aussi comporter des risques. Si le recruteur, en vous accueillant, vous demande : " Tout va bien ? Vous n'avez pas mis trop de temps à arriver ? " C?est rarement pour savoir si vous n'êtes pas trop fatigué.

Ne considérez pas ces questions comme des formules de politesse gratuites et anodines. Selon que vous allez répondre : " Je me suis perdu, c'est compliqué de vous trouver " ; " Je me suis levé à cinq heures du matin pour arriver à neuf heures parce que j?habite un peu loin " ; ou encore : " Pas du tout, à peine deux minutes ", le recruteur va recueillir les premières informations sur vous et les interpréter selon sa propre grille d'évaluation : " Ce candidat habite trop loin " ; " Il ne sait pas s'organiser ou se diriger ", ou bien : " Il est quand même très motivé pour se lever si tôt ", ou encore " Il n'habite pas loin, et il est ponctuel "... De même, s'il s'inquiète de votre santé, inutile de lui raconter le lumbago qui vous a cloué au lit pendant quelques jours.

Enfin, s'il s'informe sur l'âge de vos enfants, en jetant peut-être un regard sur la photo des siens posés sur son bureau, c'est d'abord dans un but professionnel. Pas une invite à raconter leurs premières dents. Il pourra ainsi, sans avoir l'air d'être totalement indiscret, évaluer votre disponibilité, et, si vos enfants sont petits, vous posez plus tard une question sur votre mode de garde (essentiellement, si vous êtes une femme). Vous avez tout intérêt à dire la vérité, toute la vérité, mais d'un ton positif. L?âge de vos enfants doit être un motif de satisfaction quel qu'il soit, glissez tout de suite un mot sur le mode de garde que vous avez adopté, et qui vous sied également à merveille...

Le rythme de l'entretien

Étienne Daugny, vice-président de Transition Carrières, commente les quatre phases de l'entretien.

Phase 1 : le " reniflage ". Il s'agit de se mettre en harmonie avec votre interlocuteur. Cette première phase peut durer de une à vingt ou trente minutes. Cette mise en harmonie se crée sur des éléments qui sont hors du champ professionnel. Il faut repérer un élément personnel dans le bureau. Cela peut être par exemple la photo du terrain de golf, ou remarquer, si c'est le cas : " Vous avez un beau bureau... " Au pire, parler du temps qu'il fait. J?ai une photo de bateau dans mon bureau. Cela donne souvent lieu à des phases de " reniflage " extrêmement sympathiques. Cette phase est intéressante surtout quand le recruteur est réservé ; c'est alors au candidat de placer le recruteur en empathie, à l'instar de ce qui se produit lorsque l'on reçoit des personnes dans son salon.

Phase 2 : les questions du candidat. Elles sont préparées à l'avance (lire nos suggestions dans la troisième partie), elles concernent l'entreprise, le poste à pourvoir, le marketing, les objectifs... elles ne s'improvisent pas, et peuvent demander de quelques heures à quelques jours de recherche. Quatre à cinq questions peuvent suffire.

Phase 3 : on parle de soi. C?est uniquement au moment où il a compris que sa candidature répond bien aux critères du poste, que le candidat commence à parler de lui à argumenter sur ses propres compétences en phase avec la solution proposée par l'entreprise. Peut-être au bout des deux tiers de l'entretien seulement. Le problème (ou paradoxe) du candidat est souvent qu'il veut se vendre tout de suite, et c'est la pire manière de procéder. Et si le recruteur demande au candidat de se présenter d'emblée, il doit autant que faire se peut recentrer l'entretien pour bien comprendre le poste. On ne se vend bien qu'avec des arguments qui correspondent à des besoins identifiés. Si l'on s'est aperçu que l'on ne correspond pas, mieux vaut arrêter. Sinon, on risque d'irriter son interlocuteur et de ne plus rien pouvoir lui demander par la suite, comme par exemple de vous mettre en relation avec quelqu?un d'autre.

Phase 4 : la conclusion. C?est une étape fondamentale, car c'est le pacte vers l'étape suivante. Par exemple, le candidat peut avancer : " J?ai bien noté que je pouvais rencontrer votre DRH, que vous allez le prévenir, et que je peux l'appeler lundi prochain. " Votre interlocuteur ne peut pas dire non. En termes commerciaux, cela s'appelle un " feu vert ". On peut alors travailler sur l'étape suivante.

Des mots et expression à bannir

On vous pardonnera vos hésitations quand vous n'avez pas su répondre au mieux à une question. En revanche, le recruteur risque d'être agacé par la répétition de certains défauts ou tics de langage, qui traduisent souvent un embarras plus profond. C?est seulement en vous enregistrant sur cassette, ou en présentant votre parcours professionnel à un membre de votre entourage, que vous pourrez vous en rendre compte et corriger ces expressions.

Évitez les lieux communs, proverbes et citations. Pour renforcer une pensée, une idée, une expérience qui vous ont servi de leçon, puisez des exemples dans votre expérience professionnelle plutôt que de faire appel au dictionnaire des citations.

Attention à l'utilisation des pronoms personnels. N?hésitez pas à utiliser le " je " et le " nous ", même pour décrire une expérience qui a échoué mais dans laquelle vous étiez partie prenante. Mais évitez les expressions du style : " J?ai bien réussi à négocier le marché, mais ils n'ont pas concrétisé la vente. " Si vous avez un regret à exprimer face à une affaire qui n'a pas abouti, nommez précisément les services concernés, sans utiliser les " ils ", " nous ", " eux "... Lors des entretiens de recrutement auxquels nous avons assisté, les recruteurs demandaient systématiquement au candidat de préciser ce que ces pronoms recouvraient.

Attention aux " expressions de connivence ". Typique du candidat embarrassé qui a besoin de se rassurer, les mots et expressions de connivence visent à associer le recruteur à sa propre situation et souvent à ses difficultés. Exemple : " Vous devez bien savoir, vous, comme c'est dur de diriger des gens dans une grosse boîte ", ou bien " Ça se passe comme ça, chez vous, aussi ? Parce que nous, on n'a pas réussi à résoudre le problème. " Si l'échange peut vous sembler très convivial, voire presque amical, ne perdez jamais de vue le contexte professionnel de l'entretien. Le recruteur n'est pas un collègue.

En cas de retard

Vous avez un agenda chargé ? Vous êtes en poste et n'avez pu terminer à temps une réunion pour arriver à l'heure au rendez-vous ? Prévenez absolument de votre retard avant d'arriver. Difficultés de transport, situation professionnelle délicate à régler, tout peut se concevoir à condition de l'expliquer, de ne pas bloquer le recruteur, de ne pas l'énerver. Si, à l'inverse, c'est lui qui a pris du retard pour vous recevoir, vous pouvez raisonnablement attendre une vingtaine de minutes. Au-delà, vous pouvez vous renseigner auprès de l'accueil : " Avez-vous une idée de l'heure à laquelle je vais être reçu...? Y a-t-il un problème ? "
Parmi les tentatives de déstabilisation, le retard volontaire n'est plus vraiment de mise aujourd?hui. Lorsque c'est le cas, le recruteur veut tester la résistance à l'impatience et au stress du candidat. Si vous postulez pour un poste de visiteur médical, vous devrez par exemple attendre votre tour dans les salles d'attente des médecins.


Entretien d'embauche, prenez la bonne attitude !

Mains tremblantes, hésitations sur le choix des mots... Le début d'un entretien est presque toujours perturbant pour le candidat. Conseils pour le réussir.


Le début d'un entretien est presque toujours perturbant pour le candidat. Mains tremblantes, hésitations sur le choix des mots, efforts de mémoire pour se souvenir de ce que l'on a retiré de telle ou telle expérience... Un candidat stressé se détend en principe au bout de cinq à quinze minutes. " C?est alors qu'il va se dévoiler, explique une consultante. Détendu, il va pouvoir se livrer et nous allons vraiment le découvrir. " Un entretien doit durer au moins vingt minutes, c'est tout au moins la durée minimale de " politesse " accordée aux candidats qui ne conviennent manifestement pas. Il peut cependant se poursuivre et prendre une heure, voire une heure et demie ou deux heures, et c'est plutôt bon signe. Dans ce cas, le recruteur tente souvent d'aller " au bout " des informations qu'il peut obtenir sur le candidat, pour envisager à la fois ses capacités et son envie d'occuper un premier poste, mais aussi son ambition et ses perspectives d'évolution dans un avenir plus lointain.

Utiliser la prise de notes et le CV

" Pendant le premier rendez-vous avec le cabinet de recrutement, j?ai toujours pris un maximum de notes, explique Laurence [...]. C?est le moment de récolter des informations sur l'entreprise, quitte à éclairer soi-même par la suite des points qui nous semblent obscurs. Mais face à la directrice générale de l'entreprise qui m?a recrutée comme directrice financière, je suis arrivée sans aucun document. Il faut apparaître suffisamment sûr de soi à l'étape finale d'une procédure de recrutement. "

Faut-il prendre des notes pendant l'entretien ? Il n'existe pas de règle et vous ne serez pas jugé là-dessus. Si c'est votre mode de fonctionnement habituel, n'hésitez pas à le faire. Par ailleurs, la prise de notes présente un avantage majeur : elle permet de ne pas oublier les questions que vous désirez poser au recruteur lors de sa présentation du poste ou de l'entreprise, sans avoir à lui couper la parole.

La majorité des recruteurs écrivent avec un crayon à papier, vous pouvez faire de même. Cela rend vos notes pratiquement illisibles pour votre vis-à-vis. Veillez cependant à continuer à regarder votre interlocuteur dans les yeux et à ne pas trop baisser la tête. Vous devez apporter votre CV, vous pouvez le déposer sur la table, mais évitez de le regarder au cours de l'entretien : vous êtes censé le maîtriser de A à Z.

À éviter absolument : s'emparer de documents présents sur le bureau du recruteur pour étayer son propos. Cela vous paraît évident ? Pas si sûr pourtant... " Des candidats cherchent à lire les documents que nous avons devant nous ou les notes que nous prenons ", constate une responsable de recrutement.

" Certains peuvent aller jusqu?à nous prendre des mains un papier que nous sommes en train de lire (dossier de candidature ou CV) pour pouvoir répondre à la question que nous leur posons, poursuit-elle. Ce genre de détails nous fait redoubler de prudence sur la personnalité du candidat : caractère inquisiteur, sans confiance ni en lui, ni en l'autre... "

Se détendre et détendre

Il est nécessaire de ne pas s'essouffler, de respirer, de s'autoriser des silences, des sourires et même du second degré. " Quelle était l'ambiance de travail dans cette entreprise que vous avez quittée ? " demande la recruteuse. Hésitation. " L?ambiance était... automobile ", répond alors le candidat, faisant référence aux caractéristiques d'un secteur qu'il décrira ensuite. Ce qui fait sourire son interlocutrice. Sans évidemment aller trop loin dans la boutade, un peu d'humour sur sa propre situation peut mettre en valeur un recul et un sens de l'analyse dont sont friands les recruteurs, surtout pour les postes de cadres. Décrire une difficulté d'évolution professionnelle dans son entreprise en usant du second degré peut être une excellente méthode. [...].

Cours d'entretien pour?recruteurs

Gérard Dumont, comédien, a été contacté pour un jeu de rôle un peu particulier. On lui a demandé de " jouer le candidat " face à de jeunes consultants en recrutement peu ou pas préparés à mener des entretiens d'embauche. " Ils se retrouvent face à des cadres qui ont parfois une cinquantaine d'années et ne sont pas toujours très à l'aise. Certains prennent des attitudes d'enseignants extrêmement dirigistes et induisent les réponses. Ce qui donne souvent des résultats assez catastrophiques. Un candidat qui sait en jouer va où on lui dit d'aller ; il apporte des réponses induites par les questions. Et peut complètement tromper une entreprise par la suite. " Les faux entretiens se font sur la base de vrais CV, ce qui permet de révéler les points sur lesquels le consultant a des failles.

" Ce qui est important à intégrer pour le recruteur comme pour le candidat, c'est qu'il faut au maximum parler vrai. Pour parvenir à savoir des choses sur l'autre, il faut établir une vraie confiance. Le candidat doit aussi savoir arrêter le recruteur quand il va trop loin. Il arrive que le recruteur provoque le candidat, en interprétant des éléments de façon abusive, c'est aussi de sa part un moyen de voir comment le candidat sait s'affirmer, apporter plus de clarté sur sa personnalité. "

Bien aborder la phase des questions

Après la prise de contact, la phase d'investigation peut commencer. Le recruteur vous pose des questions sur votre parcours, votre cursus, vos choix... Certains induisent les réponses : " Si vous avez fait cela, c'est peut-être parce que vous pensiez que... " Si vous pensez qu'il a mal interprété un choix que vous avez fait, ne dites pas : " Non, ce n'est pas pour ce que vous dites, c'est parce que... ", mais dites : " c'est plutôt pour... " D?autres vous laissent plus libre dans vos explications et votre interprétation : " Expliquez-moi pourquoi vous avez fait cela à ce moment-là "... Apprêtez-vous à répondre le plus précisément possible aux questions. Et surtout sans précipitation.

Répondre trop vite peut être considéré comme une tentative de dissimulation. " Maîtrisez-vous bien les outils de communication (Internet, intranet, etc.) ? " demande une recruteuse débutante à une candidate très sûre d'elle, à l'occasion d'une formation à la préparation de l'entretien de recrutement de Bernard Bruche. " Bien sûr, je n'ai aucun problème pour maîtriser ces outils ", répond précipitamment la candidate, en se redressant sur sa chaise et en faisant comprendre que la fin de la phrase était un point final. " Attention, elle vous a menti, prévient la formatrice. Elle a répondu beaucoup trop vite, avec une assurance feinte. " Un recruteur expérimenté va creuser ce point en demandant à la candidate des exemples concrets prouvant cette maîtrise.

Trois fois oui égale? non !

Technique éprouvée pour clore un entretien quel qu'il soit, la reformulation permet normalement de terminer sur un véritable échange. Un procédé utile, surtout si le recruteur s'est montré plutôt directif, utilisant beaucoup de questions fermées.
De votre côté, vous pourrez évaluer, à l'aune de l'enthousiasme mis à vous répondre, vos chances de poursuivre le processus de recrutement. N?insistez pas trop si vous voyez que votre interlocuteur s'agace et lorgne du côté de la porte, derrière laquelle s'impatiente peut-être un autre candidat.

Un signe qui ne trompe pas. Le recruteur prend les devants de la reformulation et vous fait répondre trois fois de suite oui , selon les principes de la maïeutique. Une technique enseignée aux recruteurs lors du stage " Entretien de recrutement : apprécier les compétences d'un futur collaborateur ", chez Docendi.

Exemples. " Alors, vous avez bien compris que le poste était à pourvoir dans la Somme ? " Or, vous avez exprimé le désir de travailler à Marseille au cours de l'entretien.
" Pour ce poste, la connaissance essentielle recherchée est la maîtrise parfaite de l'anglais. Vous êtes bien d'accord ? " Votre niveau d'anglais est celui de la classe de terminale.
" Vous êtes toujours en poste, et ne pourrez vous libérer que dans trois mois, c'est bien ce que vous m?avez indiqué ? " Le poste est à pourvoir dans l'urgence. Il sera alors temps de saluer poliment le recruteur sans plus insister. Il vous a fait comprendre que votre candidature n'était pas retenue.

Savoir conclure l'entretien d'embauche

" Vous avez des questions à poser, des points à éclaircir ? " La fin de l'entretien approche, il vous reste une chance de préciser un point important avec le recruteur. Faudra-t-il le relancer ?

" Vous avez des questions à poser, des points à éclaircir ? Je pense qu'on a fait le tour ? " La fin approche, il vous reste une chance de poser une dernière question ou de préciser un point important de votre candidature. Par exemple, celui concernant votre disponibilité ou encore des conditions particulières liées à votre contrat.

" À partir de quelle date êtes-vous libre ? " demande un chargé de recrutement, visiblement très intéressé par le candidat qui est en face de lui. " Je dois trois mois de préavis, répond-il. Mais c'est négociable. Je dois aussi vous préciser une clause spécifique qui me lie à l'entreprise dans laquelle je suis aujourd?hui. Elle m?a octroyé une prime de 7 700 euros lorsque j?ai été embauché. Si je quitte cette entreprise avant deux ans de présence, il est convenu que je rembourse cette somme, alors considérée comme un prêt. Il me reste encore quelques mois à effectuer dans cette société. Si je suis recruté ailleurs, je ne souhaite pas la rembourser moi-même. " Le propos est sans équivoque : l'entreprise devra payer, ou au moins négocier une partie de ce montant, si elle veut ce candidat. C?était le bon moment pour le signaler.

Dans tous les cas, vous pouvez reformuler la conclusion du recruteur pour être bien sûr que vous vous êtes compris : par exemple, sur une nouvelle date de rendez-vous, un envoi de document ou d'une information complémentaire...

Le recruteur en fin d'échange fait souvent le point : " Au vu de votre parcours et de vos motivations, votre candidature me paraît intéressante, je vous tiens au courant dans quelques jours de la suite du processus " ou : " Il semble que vous correspondiez au profil recherché par notre client. Nous allons dans un premier temps en parler avec lui, puis vous contacter pour des tests de personnalité qui nous permettront de valider certains aspects concernant le poste auquel on vous destine. "

RELANCER OU PAS ?

Le délai raisonnable pour demander des nouvelles de sa candidature est d'une semaine au minimum. Cependant, si une autre entreprise ou un cabinet de recutement attend votre réponse, vous pouvez rappeler plus rapidement. Si vous devez laisser un message à l'assistante de votre interlocuteur ou au standard, précisez clairement l'objet de votre appel, en en indiquant l'urgence. Si l'on vous précise que la décision n'est pas encore prise, demandez la date à laquelle vous pouvez rappeler. Vous avez aussi la possibilité d'adresser un courrier au recruteur.




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