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L'actualité du recrutement et des tests de recrutement

Les questions pièges d’un recruteur

sept. 16, 2018, 17:07 Par Propos recueillis par Bruno Askenazi
En entretien, des questions déstabilisantes ou faussement naïves sont posées pour tester nos compétences et notre personnalité. Ces exemples vous aideront à vous aguerrir et à répondre sans vous démonter.

Même le plus confiant des candidats redoute généralement l’entretien d’embauche. Bien souvent, il est vrai, les recruteurs mettent les capacités de raisonnement et de communication de leurs interlocuteurs à rude épreuve. Attention à vos réponses. Votre vis-à-vis les décryptera attentivement, à la fois sur le fond et sur la forme. Sans vous en faire une montagne, il convient donc de vous préparer. Pour vous y aider, nous allons passer en revue une série de questions pièges qui ont tendance à revenir souvent.

"Pourriez-vous m’en dire un peu plus sur vous ?"

Cette question est délicate car extrêmement ouverte. Que veut vraiment le recruteur ? Se faire, à la lumière de ce que vous lui direz sur votre parcours professionnel, une première idée de ce que vous pouvez apporter à l’entreprise. Et sur la forme, il entend tester votre capacité de réaction et votre facilité d’expression. Certains candidats, déroutés, bredouillent ou restent vagues. Un mauvais point, car il faut répondre vite en délivrant un discours fluide et concis, qui fait le lien entre votre personnalité, votre expérience et le poste à pourvoir. Par exemple : "J’ai exercé ma carrière dans telle et telle entreprises, puis dans le conseil. J’ai toujours eu la culture de la réussite et je sais prendre des risques calculés. Je suis offensif et curieux. Comme j’ai des capacités à faire travailler les gens ensemble, je suis devenu manager." Sans trop vous étendre, illustrez vos propos par des exemples concrets qui montreront que vous correspondez bien au profil recherché. Attention aux questions de relance sur votre passé professionnel ! Si vous avez quitté l’entreprise précédente en raison d’une mauvaise ambiance et que l’on vous demande : "C’était vraiment l’enfer avec la direction?", n’entrez surtout pas dans ce jeu. Plutôt que de charger votre ancien chef, expliquez brièvement ses manquements et leur impact négatif sur le fonctionnement du service. Aujourd’hui, on cherche des managers qui savent négocier et trouver des solutions. Pas des cow-boys qui jettent de l’huile sur le feu.

"Combien de fois en un jour les aiguilles d’une montre se chevauchent-elles ?"

Face à ce genre d’énigme, pas de panique. Il ne s’agit pas de trouver à tout prix la bonne réponse (en l’espèce, 24 fois en 24 heures, puisque l’aiguille des minutes chevauche celle des heures une fois par heure). Le recruteur cherche moins à tester vos capacités de raisonnement que votre aptitude à l’improvisation. Prenez le temps d’analyser le problème, à haute voix s’il le faut, puis proposez une méthode logique. Ne tardez pas trop à donner une réponse, ce n’est pas sur la solution que se jouera votre carrière. Si vous n’êtes pas candidat à un poste d’ingé­nieur ou de scientifique, vous pouvez même envisager de vous en tirer par une pirouette : "Désolé, mais je ne porte que des montres à cristaux liquides, je déteste tout ce qui pique." Surtout, ne réagissez pas de but en blanc en disant "aucune idée" ou "la solution est impossible à trouver" : vous pourriez être perçu comme quelqu’un qui baisse les bras facilement ou qui se désintéresse des problèmes.

"En quoi ce poste vous inté­resse-t-il particulièrement ?"

Le but de cette question est d’évaluer votre motivation. Deux cas de figure peuvent se présenter. Première hypothèse : vous possédez des informations précises sur la fonction et la société qui recrute. Vous devez alors vous servir de ces connaissances pour montrer l’intérêt que vous portez à l’entreprise, ses produits et ses services. Expliquez aussi que le poste s’inscrit dans la logique de votre parcours professionnel. Puis posez des questions complémentaires sur la fonction et les perspectives d’évolution à deux ou trois ans.

Seconde situation : vous ne connaissez ni le nom de l’entreprise ni celui de ses dirigeants – c’est souvent le cas lors du premier entretien avec un chasseur de têtes. Ne vous risquez pas à des réponses vagues telles que "ça me plaît beaucoup" ou "cela me correspond". Si vous estimez qu’on ne vous a pas donné assez d’informations pour vous prononcer, dites-le. Comme ce candidat, directeur financier, qui a rétorqué : "Je comprends parfaitement que vous teniez à garder certaines informations confidentielles, mais je peux difficilement, de mon côté, me montrer précis tant que je n’en sais pas un peu plus." Une réponse qui sortait du «politiquement correct» et qui a plu au recruteur par sa sincérité.

"A votre avis, quels sont vos points faibles ?"

C’est, par excellence, la question qui fait peur. Le candidat pense que, s’il se dévoile, il peut dire adieu au poste. Le réflexe est souvent de citer des défauts qui peuvent être considérés comme des qualités, du type "je suis perfectionniste" ou "je suis un bourreau de travail". Pas dupe, le recruteur insistera pour casser la carapace et obtenir une vraie réponse. Ne continuez pas à tourner autour du pot, cela pourrait faire mauvaise impression. Mieux vaut être d’emblée transparent : indiquez vos axes de progrès, les points que vous cherchez à améliorer. Sans tomber dans l’auto-flagellation, faites honnêtement votre autocritique en expliquant les conséquences que tel ou tel manquement ont eu sur votre travail et les leçons que vous en avez tirées. Par exemple : "Je n’ai pas suffisamment le souci du détail car je suis souvent débordé. Pour corriger ce défaut, j’ai suivi une formation sur la gestion du temps, et j’ai notamment appris à déléguer certaines tâches."

"Souhaitez-vous poser d’autres questions ?"

En un seul entretien, il est impossible d’évoquer toutes les facettes d’un job. Ne pas avoir de questions à poser passera donc pour un manque de curiosité ou de motivation. Afin de ne pas être pris au dépourvu, préparez en amont des questions sur le secteur, l’entreprise, la fonction : "Qui sera mon responsable et quel est son parcours ?" ou "L’acquisition de la société X par votre concurrent vous met-elle en difficulté ?" Evitez à ce stade de chercher à en savoir plus sur la rémunération ou les congés : vous n’y viendrez qu’à la fin du processus d’embauche. Rien ne vous interdit en revanche de demander ce que votre interlocuteur a pensé de votre candidature, sans espé­rer une réponse précise. Au mieux, il vous assurera qu’il a eu plaisir à échanger avec vous. Sans doute aussi vous retournera-t-il la question. Evitez alors l’autosatisfaction et la flatterie : "Je me suis senti très à l’aise et vous êtes un excellent recruteur." Ne vous dénigrez pas non plus : "J’aurais dû mieux me préparer." Restez mesuré et concluez en réaffirmant que vous êtes séduit par le poste et que vous espérez avoir été convaincant. Même si vous n’êtes pas recruté, vous laisserez une impression positive et l’on se souviendra de vous lors d’une prochaine occasion.