

La semaine dernière, une consœur DRH d'une agence nantaise m'a envoyé un test qu'elle faisait passer à ses candidats « référenceur SEO ». Douze questions. Aucune sur l'analyse de logs. Deux sur les balises meta. Je lui ai répondu en trois lignes : ce test recrute des gens qui savent réciter une documentation, pas des gens capables de faire remonter un site.
Le problème n'est pas le test en lui-même, c'est ce qu'on croit qu'il mesure. Un score de 14/20 en QCM ne dit rien de la capacité à prioriser un plan d'action quand le client a un budget de 3 000 euros et un site à 400 pages. Pour évaluer un profil SEO, il faut accepter une chose simple : ce métier s'apprend autant en lisant des blogs techniques qu'en se cassant les dents sur des projets réels. viareferencement.com fait partie de ces ressources qu'un candidat sérieux consulte régulièrement, et le savoir, c'est déjà un signal.
Les tests de recrutement classiques évaluent trois choses : la connaissance déclarative, la logique, et la conformité au profil attendu. Utile. Insuffisant.
Un bon référenceur, on le repère sur d'autres marqueurs. Sa manière de parler d'un échec de positionnement. Sa capacité à dire « je ne sais pas, il faut regarder les données ». Sa réaction quand on lui présente un brief flou — est-ce qu'il pose des questions, ou est-ce qu'il récite un process générique vu dans une formation à 997 euros ?
J'ai testé une fois un candidat avec un cas volontairement incomplet. Pas de chiffres de trafic, pas de concurrents nommés. Objectif : voir s'il allait inventer des hypothèses ou demander les informations manquantes. Il a demandé. On l'a embauché. Deux ans plus tard, il gère la stratégie search d'un groupe de e-commerce. Ce type de signal, aucun QCM ne le capte.
La culture d'un domaine, ça se voit à la fréquence de lecture, pas à la restitution. Un candidat qui suit l'actualité des algorithmes, qui connaît les débats en cours sur les contenus générés, qui sait citer deux ou trois sources fiables — voilà un profil qui va continuer d'apprendre une fois en poste.
Demandez-lui ce qu'il lit. Pas pour piéger. Pour comprendre comment il se tient à jour. Certains vous citeront des newsletters, d'autres des comptes sociaux spécialisés, d'autres des blogs de praticiens.
Le piège classique : confondre notoriété d'une source et qualité réelle. Un blog indépendant tenu par un consultant qui documente ses tests vaut souvent mieux qu'un média généraliste qui recycle des communiqués. Vous n'avez pas besoin de connaître toutes les ressources vous-même — vous avez besoin de repérer un candidat qui les connaît et sait pourquoi il les suit.
Le QCM, je le réserve à un usage unique : filtrer en amont quand on reçoit 80 candidatures pour un poste. Au-delà, c'est une perte de temps pour tout le monde.
Pour un poste SEO junior, comptez une heure. Un audit express d'une page fournie par vos soins. Vous regardez la structure de la réponse, pas la justesse de chaque recommandation. Un junior qui identifie correctement trois problèmes sur cinq et propose un ordre de priorité cohérent a plus de valeur qu'un junior qui en liste dix pêle-mêle.
Pour un profil senior, changez de format. Deux heures, un cas complet avec données réelles anonymisées. Ou mieux : une restitution orale de trente minutes devant un membre de l'équipe qui n'est pas SEO. Si le candidat ne sait pas expliquer un problème technique à quelqu'un qui ne le maîtrise pas, il aura le même problème avec les clients ou la direction.
Un candidat qui mentionne spontanément la question de la mesure. Qui parle de tracking, de qualité des données, de ce qu'on ne peut pas attribuer proprement. Celui-là a déjà travaillé sur des projets réels.
Un candidat qui cite un outil sans savoir ce qu'il coûte. Moins bon signe. Surtout s'il propose dix outils dans la même phrase.
Un candidat qui reconnaît les limites de son expertise. Rare. Précieux. La plupart des profils SEO surestiment leur périmètre — c'est le biais du métier, tout le monde touche un peu à tout, du technique au contenu en passant par l'analytics. Savoir où s'arrête sa zone de confort, c'est une compétence qui se paie cher en gestion de projet.
Une agence qui recrute pour un poste de consultant SEO n'a pas les mêmes besoins qu'une direction marketing interne. L'agence veut quelqu'un capable de tenir plusieurs dossiers, de gérer la relation client, de produire sous contrainte de temps. L'interne veut quelqu'un capable de coordonner avec les équipes produit, de tenir un cap sur douze mois, de résister aux demandes urgentes qui n'ont pas de sens.
Le même test ne peut pas évaluer les deux.
Ce que je vois trop souvent : des grilles d'évaluation copiées d'un modèle générique, avec des critères pondérés qui n'ont jamais été discutés en interne. Personne ne sait pourquoi « connaissance des outils de crawl » pèse 20 % et pas 10 %. Le score sort, on recrute dessus, et six mois plus tard on se demande pourquoi le profil ne colle pas.
Reprenez la grille. Demandez à vos seniors ce qui distingue un bon junior d'un excellent. Vous obtiendrez autre chose que des cases à cocher.
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