
Un candidat dessine huit petits carrés. Et vous, vous pensez avoir cerné sa personnalité. Mais est-ce que le test de Wartegg tient vraiment ses promesses en sélection du personnel ?
Le test de Wartegg existe depuis les années 1930. Il a été conçu par le psychologue allemand Ehrig Wartegg. Son principe est simple : on présente au candidat une feuille avec huit cases. Chaque case contient une amorce graphique — un point, une ligne courbe, un angle. Le candidat complète chaque case avec un dessin. Ensuite, il associe chaque dessin à un sentiment ou une idée.
Ce que l'outil cherche à mesurer, c'est la personnalité à travers l'expression graphique. Adaptation sociale, créativité, gestion des émotions, capacité d'analyse et de synthèse : voilà les dimensions visées. Sur le papier, l'ambition est large.
Point clé : Le test de Wartegg appartient à la famille des techniques projectives. Comme le Rorschach ou le TAT, il repose sur l'hypothèse que les productions spontanées révèlent des traits profonds de la personnalité.
Les huit cases ne sont pas disposées au hasard. Selon le Crisi Wartegg System (CWS), la méthode standardisée la plus utilisée aujourd'hui en contexte organisationnel, elles s'organisent en deux groupes. Les quatre premières cases explorent le rapport au Moi et à l'adaptation. Les quatre suivantes touchent à la sphère affective et relationnelle.
Cette structuration permet, en théorie, d'identifier des profils de personnalité liés aux exigences d'un poste. C'est précisément l'argument utilisé pour justifier son usage en sélection. Mais cet argument mérite d'être examiné sérieusement.
L'usage du Wartegg varie beaucoup selon les pays. En Europe du Sud — Italie, Espagne, Portugal — il reste présent dans certaines pratiques RH. En France, son utilisation est plus marginale. Elle persiste surtout dans des cabinets de recrutement anciens ou dans certains secteurs très spécifiques.
À l'échelle mondiale, une enquête publiée par Psychological Assessment en 2020 indiquait que les tests projectifs représentaient environ 20 % des évaluations cliniques, mais une part nettement plus faible dans les contextes organisationnels, où la demande de validité prédictive est plus forte.
« Une technique d'évaluation n'a de valeur en sélection que si elle prédit réellement la performance au travail. L'intention ne suffit pas. »
Voici la tension centrale. Les techniques projectives reposent sur une hypothèse puissante : ce que nous projetons révèle qui nous sommes vraiment. Mais cette hypothèse doit être soumise à la même exigence que n'importe quel autre outil de sélection : la validité. Est-ce que les résultats du Wartegg prédisent réellement la performance au travail ? Est-ce que deux évaluateurs obtiennent le même résultat pour le même candidat ?
Ces questions sont fondamentales. Et les réponses sont nuancées. On y revient dans la partie suivante.
Le recruteur qui utilise le Wartegg cherche quelque chose de précis. Il veut aller au-delà du CV. Il veut dépasser l'entretien structuré, où le candidat a préparé ses réponses. Il veut voir quelque chose d'authentique, de non filtré.
Ce désir est légitime. La performance au travail ne dépend pas uniquement des compétences techniques. Des dizaines d'études le confirment. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Applied Psychology estimait que les soft skills — stabilité émotionnelle, conscience professionnelle, capacité à coopérer — expliquaient entre 15 % et 25 % de la variance de la performance selon les postes.
Attention : Vouloir mesurer la personnalité est une bonne idée. Choisir un outil non validé pour le faire, c'est une autre histoire. Le désir de profondeur ne justifie pas l'absence de rigueur.
Le Wartegg séduit parce qu'il sort du cadre habituel. Pas de questionnaire à choix multiples. Pas de bonnes ou mauvaises réponses. Juste un crayon et huit cases. Le candidat ne peut pas tricher de la même façon qu'avec un questionnaire de personnalité classique. C'est l'argument fort de ses défenseurs.
Mais cet argument a une limite évidente. Si le candidat ne peut pas facilement biaiser ses réponses, l'évaluateur peut, lui, projeter ses propres représentations dans l'interprétation. La subjectivité ne disparaît pas. Elle change simplement de camp.
Ce que cherche une DRH quand elle utilise le Wartegg, c'est souvent ceci :
Ces objectifs sont parfaitement valides. La question est de savoir si le Wartegg est le bon outil pour les atteindre. En France, le coût moyen d'un recrutement raté est estimé à entre 30 000 et 150 000 euros selon le niveau du poste — chiffre régulièrement cité par les cabinets spécialisés en évaluation RH. L'enjeu justifie d'exiger un outil fiable.
Il existe des outils qui répondent aux mêmes objectifs — mesurer la personnalité, identifier les soft skills, réduire le risque RH — avec une base scientifique solide et des normes établies.
Les tests de personnalité SIGMUND s'appuient sur des modèles psychométriques reconnus, dont le Big Five, avec des indices de fidélité et de validité documentés. Ils permettent de lier les résultats aux exigences réelles du poste — exactement ce que promet le Wartegg, mais avec une traçabilité que la technique projective ne peut pas offrir.
Pour aller plus loin dans la structuration de votre processus d'évaluation, les tests RH SIGMUND couvrent l'ensemble des étapes clés : présélection, évaluation des compétences, adéquation au poste.
Point clé : Un bon outil de sélection répond à trois critères non négociables : fidélité (les résultats sont stables dans le temps), validité (il mesure ce qu'il prétend mesurer) et équité (il ne défavorise pas systématiquement certains groupes de candidats).
La suite de cet article examine précisément ces trois critères appliqués au test de Wartegg — et ce que les données scientifiques disponibles révèlent sur sa capacité réelle à prédire la performance au travail.
Un test de recrutement n'a de valeur que s'il prédit réellement la performance au travail. C'est la question centrale. Et pour le Wartegg, les données sont sans ambiguïté.
La validité prédictive se mesure par un coefficient de corrélation. Plus il est proche de 1, plus le test prédit la performance. Les méta-analyses internationales placent le Wartegg — comme l'ensemble des tests projectifs — autour de 0,10 à 0,20.
Pour comparer :
Un coefficient de 0,15 signifie que le test explique environ 2 % de la variance de la performance réelle. Vous lancez quasiment une pièce en l'air.
Attention : un outil peut être fiable (il donne le même résultat deux fois de suite) sans être valide (il ne prédit pas ce qu'il prétend mesurer). Le Wartegg souffre précisément de ce problème de validité prédictive.
Certains défenseurs du Wartegg citent des études favorables. C'est possible. Mais ces études présentent souvent des échantillons très réduits, des méthodologies hétérogènes, et une absence de réplication indépendante.
L'article de référence du Bulletin de Psychologie (1963) le signalait déjà : les corrélations entre scores projectifs et performance professionnelle varient considérablement d'une étude à l'autre. Ce n'est pas le signe d'un outil robuste. C'est le signe d'un outil dont les résultats dépendent trop fortement de l'interprétateur.
« Les corrélations entre scores projectifs et performance professionnelle sont souvent ≤ 0,20, avec de grands écarts entre études. » — Bulletin de Psychologie, vol. 17, n° 225, 1963
En France, les articles L1221-6 et L1221-8 du Code du travail imposent des règles claires. Tout outil utilisé en recrutement doit présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi visé. Le candidat doit être informé de la méthode utilisée. Les résultats doivent rester confidentiels.
Ces exigences ne sont pas des formalités. Elles posent une question concrète : pouvez-vous démontrer que votre test graphologique prédit effectivement la performance au poste concerné ? Pour le Wartegg, la réponse est difficile à apporter avec rigueur.
Point clé : utiliser un outil à faible validité prédictive n'est pas seulement une erreur méthodologique. C'est un risque juridique réel si la décision de recrutement est contestée.
La question n'est pas de savoir si on évalue la personnalité. On doit le faire. La question est de choisir des outils qui tiennent leurs promesses.
Le modèle Big Five — aussi appelé OCEAN — est aujourd'hui le cadre de référence en psychologie du travail. Cinq dimensions stables, mesurables, repliquées dans des centaines d'études indépendantes :
La dimension conscienciosité présente une validité prédictive de la performance au travail régulièrement supérieure à 0,30 dans les méta-analyses. Ce chiffre peut paraître modeste. Combiné à d'autres outils, il devient un vrai levier de décision.
Pour aller plus loin sur l'évaluation des soft skills et de la personnalité en recrutement, consultez les tests de personnalité validés scientifiquement disponibles sur Sigmund.
Aucun outil unique ne suffit. Ni le Wartegg, ni même le Big Five seul. La bonne pratique consiste à combiner plusieurs prédicteurs complémentaires.
Les données de Carrefour RH (2021) rappellent que les tests d'aptitudes cognitives atteignent des validités de 0,50 à 0,60. Associés à un inventaire de personnalité structuré, ils permettent d'expliquer une part significative de la performance future.
Point clé : la combinaison test cognitif + inventaire de personnalité Big Five est aujourd'hui le standard recommandé par les principales méta-analyses en psychologie du travail. Le Wartegg n'y figure pas.
Concrètement, voici ce qu'un processus de sélection fondé sur des outils valides doit inclure :
Pour les profils managériaux, les enjeux sont encore plus élevés. Une mauvaise décision coûte entre 30 000 et 150 000 euros selon les estimations sectorielles — en comptant le recrutement raté, le préavis, la formation du remplaçant et la perte de productivité de l'équipe.
L'évaluation d'un futur manager ne peut pas reposer sur l'interprétation d'un dessin. Elle doit mesurer des dimensions précises : leadership, gestion de l'ambiguïté, prise de décision sous pression, capacité à fédérer. Des outils spécifiques existent pour cela.
Sigmund propose notamment un test pour évaluer les managers construit sur ces bases scientifiques, avec des résultats interprétables directement par les équipes RH.
Attention : aucun test — même le plus valide — ne doit constituer le seul critère de décision. Welcome to the Jungle (2019) le rappelle clairement : un test de personnalité, même scientifiquement solide, est un outil d'aide à la décision. Pas un verdict.
La question à se poser avant d'introduire un outil dans votre processus est simple : si un candidat contestait votre décision demain, pourriez-vous démontrer la pertinence de cet outil pour le poste ? Avec un test à validité prédictive ≤ 0,20, la réponse est difficile à construire.
Utiliser le test de Wartegg en recrutement n'est pas neutre sur le plan légal. En France, tout outil de sélection doit répondre à trois critères impératifs : pertinence par rapport au poste, information préalable du candidat, et confidentialité des résultats. Ce n'est pas optionnel. C'est le droit du travail.
Or le Wartegg pose un problème précis à chacun de ces trois niveaux. La DRH qui l'utilise sans en documenter la pertinence s'expose à une contestation sérieuse.
Un candidat n'est pas obligé d'accepter un test qu'il juge non pertinent. Il peut le refuser. S'il l'accepte, il doit y répondre de bonne foi — mais il conserve le droit d'obtenir communication de ses résultats et d'en demander la suppression.
Si un candidat conteste une décision de recrutement, l'employeur doit pouvoir prouver que l'outil utilisé est valide, fiable et pertinent pour le poste. Avec le Wartegg, cette démonstration est difficile. La validité prédictive du test est documentée comme incertaine, variable selon l'évaluateur, et très dépendante d'une expertise clinique pointue.
Attention : Utiliser un test dont la validité prédictive n'est pas établie peut être contesté en cas de litige prud'homal. L'usage du Wartegg sans documentation solide constitue un risque réel pour l'organisation.
La fonction publique fédérale belge ne cite pas le Wartegg parmi ses outils de sélection. Elle privilégie des tests dont les validités sont documentées entre 0,30 et 0,50 selon les compétences évaluées — des scores que les tests projectifs n'atteignent pas de manière stable. Ce choix n'est pas anodin : il reflète une exigence de rigueur que les employeurs privés ont tout intérêt à adopter.
« Les tests d'aptitudes et les inventaires structurés montrent des validités prédictives fréquemment supérieures à 0,30, là où les performances des tests projectifs restent incertaines et dépendantes de l'expertise de l'évaluateur. »
La question n'est pas : « Faut-il abandonner tout outil d'évaluation de la personnalité ? » La question est : quels outils offrent une validité suffisante pour justifier leur usage ?
Il en existe. Ils sont accessibles. Et ils s'intègrent dans un processus RH sans nécessiter une formation clinique de plusieurs années.
Les inventaires structurés reposent sur des modèles validés empiriquement. Le modèle Big Five (OCEAN), par exemple, est soutenu par plusieurs décennies de recherche interculturelle. Sa validité prédictive sur la performance au travail est établie autour de 0,27 à 0,40 selon les méta-analyses.
Contrairement au Wartegg, ces outils :
Le Bureau International du Travail le recommande dès 1959 : aucun outil de sélection ne doit être utilisé seul. La combinaison d'un test de personnalité structuré, d'un entretien structuré et d'une mise en situation donne des validités cumulées qui peuvent dépasser 0,50 — un seuil qui justifie réellement l'investissement en temps et en ressources.
Cette logique multi-outils est aujourd'hui la norme dans les organisations qui ont sérieusement documenté leurs pratiques de sélection.
Point clé : Un test seul ne prédit rien de manière fiable. Trois outils complémentaires, bien choisis, donnent une image nettement plus précise du candidat — et une base juridique solide pour la décision.
Évaluer les soft skills d'un manager, la capacité relationnelle d'un commercial ou la rigueur d'un contrôleur de gestion ne demande pas un test projectif ambigu. Des outils spécialisés permettent d'évaluer ces dimensions avec précision, selon le contexte métier.
Un test conçu spécifiquement pour évaluer les managers offre une lecture directement opérationnelle — sans interprétation symbolique, sans biais d'évaluateur, sans risque juridique non documenté.
Votre prochain processus de sélection approche. Voici les questions à vous poser avant de choisir un outil. Pas après.
Si vous avez répondu « non » ou « je ne sais pas » à plus de deux questions, votre processus mérite une révision sérieuse.
Le Wartegg a une histoire. Il a eu ses partisans. Certains praticiens y trouvent encore une utilité dans un cadre clinique très précis, avec une expertise avancée.
Mais en recrutement ? Les faits sont clairs.
La bonne nouvelle : vous n'avez pas à choisir entre rigueur scientifique et connaissance approfondie des candidats. Les deux sont compatibles. Il faut simplement choisir les bons outils.
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Découvrir les testsLe test de Wartegg est un outil projectif créé dans les années 1930 : le candidat complète 8 carrés contenant des amorces graphiques. En recrutement, il est censé révéler la personnalité et les traits psychologiques. Cependant, sa validité scientifique reste contestée et son usage légal est encadré en France.
Pour utiliser le test de Wartegg légalement, 3 conditions sont obligatoires selon le droit du travail français : documenter sa pertinence par rapport au poste, informer le candidat avant le test, et garantir la confidentialité des résultats. Toute violation expose le recruteur à une contestation juridique.
Le test de Wartegg est controversé car sa validité prédictive n'est pas scientifiquement établie : des dessins ne permettent pas de mesurer fiablement des compétences professionnelles. De plus, son interprétation est subjective, dépend fortement de l'évaluateur, et il pose 3 problèmes légaux concrets en contexte de recrutement.
Un test psychométrique validé repose sur des études statistiques rigoureuses, mesure des construits précis et produit des résultats reproductibles. Le test de Wartegg, lui, est un outil projectif subjectif sans validation prédictive solide pour l'emploi. Les tests psychométriques certifiés offrent une fiabilité et une défendabilité juridique nettement supérieures.
En France, tout outil de sélection du personnel doit respecter 3 critères légaux impératifs : la pertinence par rapport au poste visé, l'information préalable du candidat sur la nature du test, et la confidentialité stricte des résultats. Ces obligations sont inscrites dans le Code du travail et ne sont pas négociables.
Les alternatives scientifiquement validées au test de Wartegg incluent les tests de personnalité psychométriques certifiés (Big Five, MBTI professionnel), les tests d'aptitudes cognitives, les mises en situation structurées et les entretiens comportementaux. Ces outils offrent une validité prédictive prouvée et une conformité juridique en sélection du personnel.
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